Exposition Degas et L’Opéra

Une superbe exposition vient de débuter au Musée d’Orsay: Degas et l’opéra.

les expositions autour de ce grand peintre sont toujours une gageure de succès et de réussite pour les institutions et les musées. celle ci n’échappera pas à la règle.
Ainsi que son intitulé le laisse supposé, elle se concentre sur les œuvres de Degas ayant pour écrin l’opéra. Au revoir les courses de chevaux et les nus dans la baignoire. L’exposition vise la lumière, le spectacle sur scène et dans les coulisses.
On apprends que Degas est en quelque sorte metteur en scène: il construit, invente ses cpmpositions. Il choisit de les placer dans l’opéra Pelletiers alors que l’opéra Garnier est ouvert et que le précédent a brulé .
Il dessine jusqu’à obtenir le geste juste, de chaque danseuse, de chaque mouvement. Son invention doit absolument être véridique. il apprécie ce paradoxe et répète mille fois les dessins de certaines positions pour être certain de bien les avoir capturées. Mais au delà de cette méthode de travail, on découvre aussi l’évolution de son trait, qui se veut de plus en plus sur, de plus en plus souple pour devenir tout simplement fougueux. il parvient à réconcilier la rigueur d’Ingres dont il était un grand admirateur avec le mouvement, la spontanéité de Delacroix. Bref quel talent et quel plaisir de découvrir les dessins précédents les œuvres finales, les parallèles sont passionnants.
Toute la modernité de l’artiste se dévoile dans ses gestes mais aussi ses compositions originales.
Ses œuvres nous parlent de son amour de la musique mais surtout des couleurs et de la vie. Petit à petit on voit le trait de l’artiste se libérer de l’académisme pour vivre avec folie accompagné de couleurs vibrantes.
L’exposition offre l’opportunité de découvrir de nombreuses œuvres généralement exposées aux Etats Unis.
On remarquera tout particulièrement la salle dédiée au tableaux  panoramiques! Un format original dans lequel Degas excelle. C’est la première fois que six tableaux de ce format son réunis. C’est un coup de maitre pour le Musée d’Orsay. Laurence de Carr en avait bien besoin. Le Musée a aussi sorti de ses réserves des dessins au pastel sur papier coloré extrêmement fragiles, c’est une belle opportunité de les voir. Cependant, quel dommage que le catalogue ne leur fasse pas honneur. Les reproductions manquent de vie mais surtout de nuances. les noirs mats sont particulièrement mal reproduits et apparaissent comme des aplats sans reliefs.

J’ai aussi pour ma part beaucoup apprécié découvrir son travail en éventail. Son art sur la soie est tout simplement magique. Délicatesse, nuances, élégances que des mots qui ne rendent pas justice à leur beauté.

Quelques mots doivent aussi être consacrés à ses monotypes. Si je savais qu’il avait eu le projet de d’en faire une revue avec Marie Cassatt je n’avais jamais eu l’occasion de connaitre de les voir.
On découvre un Degas plein d’humour et de modernité bien loin du vieillard bougon que l’on décrit fréquemment. l’homme est décidément un mystère plein de talent et de paradoxes.

un de mes seuls regrets est que certains Degas possédés par le musée d’Orsay n’aient pas été sortis, certains auraient eu leur place dans les deux dernières salles qui se consacraient à l’explosion de couleurs des dernières toiles de Degas qui travail alors au pastel .

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